Posté le 02 Mars 2017

L'incontinence urinaire chez la chienne adulte

L'incontinence urinaire chez la chienne adulte


Votre chienne adulte s'est mise à uriner dans la maison alors qu'elle était propre? Elle pourrait être devenue incontinente.

L'incontinence urinaire n'est toutefois pas facile à diagnostiquer. Plusieurs maladies graves peuvent entraîner des signes similaires.

 Parmi les maladies qu'il faut éliminer il y a : 

1) Une insuffisance rénale

2) Les maladies métaboliques (diabète, hyperadrénocorticisme, etc.)

3) Les infections urinaires

Pour éliminer ces possibilités, il faut procéder à des analyses sanguines et une urologie. Si tous ces paramètres sont normaux, alors nous avons de fortes chances d'être en présence d'un épisode d'incontinence ou d'un problème de comportement. 

L'incontinence urinaire chez le chien

L'incontinence est une condition qui peut être liée à plusieurs facteurs : 

1) un défaut de conformation du trigone vésical à la naissance (on verra alors une condition qui perdure depuis un âge précoce)

2) Un problème neurologique (accident, hernie discale, etc.)

2) Un manque d'hormone après une chirurgie de stérilisation chez la femelle. Cette condition survient lorsque le sphincter urétral involontaire perd sa capacité à retenir l'urine. 

Comprendre la physiologie de la vessie

Pour comprendre cette dernière condition, il faut savoir que l'urètre possède 2 sphincters pour permettre la sortie de l'urine, un sphincter involontaire et un sphincter volontaire. Si le sphincter involontaire ne permet plus de retenir l'urine, alors dans les moments de sommeil (où l'animal ne se retient plus volontairement) l'urine s'écoule. De plus, dans les moments de grande excitation, elle peut « oublier » de se retenir. 

Comment différentier les causes d'incontinence?

Pour différencier ces causes, l'histoire clinique devient un bon outil. Il existe des méthodes spécialisées d'analyse des structures de la vessie pour les jeunes animaux (cas 1). Un examen neurologique peut aussi être réalisé (cas 2). Finalement, pour les cas d'incontinence liés à un niveau d'hormone (estrogène) trop bas (cas 3), un traitement peut être mis en place et permet de diagnostiquer la condition si elle règle le problème d'incontinence. 

Les traitements de l'incontinence répondante aux hormones

La phenylpropanolamine est une hormone de remplacement qui rétabli le tonus du sphincter involontaire. Il s'agit du traitement homologué pour l'incontinence chez les chiens sous le nom de Propalin®. Il faut toutefois faire attention avec les chiennes qui présentent des anomalies cardiaques (arythmies, souffles au c?ur) ou de la haute pression sanguine. Dans quelques cas, la phenylpropanolamine n'est pas suffisante et doit être conjuguée à une autre hormone synthétique. Avantage : traite 90% des cas d'incontinence urinaire. Défaut : doit se donner 1 à 3 fois par jour selon la réponse au traitement. 

Le diethylstilbestrol (DES) est une autre hormone qui peut être utilisée dans les cas d'incontinence chez la chienne, et les recommandations demeurent les mêmes que celles du Propalin®. Avantage : Peut se donner 1 fois par semaine selon la réponse au traitement. Défaut : Traite 83% des cas d'incontinence et peut avoir plus d'effets secondaire à long terme. Si vous êtes enceinte, il ne faut pas manipuler cette hormone.  

Certaines autres hormones synthétiques sont aussi disponibles, mais sont plus rarement utilisées. 

Les effets secondaires de ces traitements 

À la maison, il faut surveiller pour une hyperactivité ou une augmentation de l'anxiété. Les chiennes incontinentes sont plus à risque de faire des infections urinaires. Finalement, la pression sanguine et le taux de globules rouges doivent être analysés périodiquement pour s'assurer qu'ils demeurent dans les limites normales.

Fernando Alvarez, M.V.